Il était attendu comme le troisième homme de ce 1er tour. Jean-Luc Mélenchon n’a pas réussi à battre le Front National. Mais son score à deux chiffres redonne du peps à la gauche de la gauche. Reportage au QG du Front de Gauche.
Dans le 19e arrondissement de Paris, quartier de Stalingrad. Une place au nom d’une victoire soviétique en résistance à l’occupation nazie, quoi de plus symbolique pour Jean-Luc Mélenchon et le Front de Gauche pour tenir le meeting en plein air de la soirée électorale du 1er tour de la Présidentielle. A 19h30, ça piétine déjà à l’entrée de la rotonde : avec l’odeur des merguez et des oignions frits, on se croirait à la Fête de l’Huma, un soir de concert de Manu Chao. « Qui veut des drapeaux !?» clame un militant. Des jeunes filles sautent de joie en récupérant le précieux cadeau « collector ». « Ils les donnent ?! A Nation, ils les vendaient 10 euros… » s’étonne une femme d’âge mur.
Sous la tente de presse. Les journalistes sont nombreux et les télévisions prêtent à assurer le direct. Le staff mobilisé s’agite et prévient : « Jean-Luc Mélenchon parlera tôt et ce sera court… ». Reste quelques minutes avant les résultats et les présentatrices blondes de TF1 trustent les écrans de contrôle. 20h. C’est la stupeur… Noémie, une militante, étudiante en journalisme et qui gère les accréditions presse est sonnée. Des larmes coulent sur ses joues et ses tâches de rousseur. D’autres regards s’embrûment. « Combien il a fait ? » ose-t-on à peine demander. « Marine Le Pen serait à 20% et il serait à 11,5 ».
Puis très vite, Jean-Luc Mélenchon monte sur scène, le public l’acclame. Il annonce la couleur : « Je vous appelle à vous retrouver le 6 mai sans rien demander en échange pour battre Sarkozy. Je vous demande de ne pas traîner les pieds, je vous demande de vous mobiliser comme s’il s’agissait de me faire gagner, moi, à l’élection présidentielle, ne demandez rien en échange, seulement l’acte de votre conscience…». A la fin de l’intervention du tribun, la foule hurle des « Résistance, Résistance » et certains entonnent l’Internationale. Le chef du Front de Gauche file vers les plateaux, mais ses sympathisants restent pour commenter le discours, refaire ce premier tour mais surtout, pour se serrer les coudes