« C’est avec beaucoup de tristesse et d’émotion que j’ai appris hier le décès de la pianiste Brigitte Engerer.

La France perd l’une de ses plus grandes artistes, le monde de la musique une interprète remarquable, sensible, passionnée et Nice une amie fidèle.

Chaque été, à Cimiez à la villa Paradiso puis au nouveau conservatoire, Brigitte Engerer avait le souci de transmettre son art avec exigence et attention. Elle distrayait toujours une semaine de son impressionnant planning de concerts pour retrouver des élèves venus du monde entier.

En 2005, elle avait accepté avec enthousiasme de lancer à mes côtés le festival « C’est pas classique ! » et, dès cette première édition, ses amis, les plus prestigieux solistes, se joignirent à elle pour offrir à tous un accès aux plus grandes œuvres du répertoire.

Brigitte Engerer était soucieuse de partager, de communiquer, son amour de la musique, sans compromis mais avec générosité. Elle a ainsi sillonné les routes de notre Métropole et a souvent répondu présente pour le concert de la fête de la Bonette en l’église de Saint-Etienne-de-Tinée.

Ceux qui ont eu la chance de l’entendre, lorsque le soir tombait au cloître du Monastère de Cimiez, vont ressentir cette année une cruelle absence. En ce lieu unique de sérénité dont elle restera l’une des figures emblématiques, elle avait l’art du « bis », de cette dernière partition après les salves d’applaudissements où elle mettait toute son âme et où la nostalgie, la tristesse et l’espoir vous envahissaient immanquablement.

« Une Larme » de Moussorgski fût l’un de ces moments privilégiés lors de son dernier concert donné dans les Alpes-Maritimes au début de ce mois de juin. Tous ses amis et ses admirateurs garderont d’elle cette image de force, d’énergie, de tendresse et de foi qu’elle avait mise alors dans son interprétation.

Je tiens à rendre hommage à cette femme, cette artiste d’exception et j’adresse mes plus sincères condoléances à sa famille et à ses proches, et m’associe à leur douleur