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« Les Alpes-Maritimes viennent de perdre une personnalité qui a marqué de son empreinte la vie de ces dernières décennies et c’est avec une profonde émotion que j’ai appris la disparition de Charles Ginésy.

Homme de la montagne, Charles Ginésy était né en 1922 à Guillaumes dans ce haut-Var auquel il était si profondément attaché et dont il orchestra la transformation.

Sa vie professionnelle fut inspirée et conduite par l’exemple de sa mère, directrice d’école à Péone, puis à Guillaumes, cette femme admirable dont il disait qu’il était tout pour elle, qu’elle était tout pour lui.

Étudiant à l’École normale, il fut confronté aux dures réalités de la guerre et, fidèle aux valeurs d’honneur et d’amour de sa patrie inculquées par son père, combattant valeureux de la première guerre, il rejoignit le maquis en Haute-Provence pour échapper au STO.

La guerre terminée, à l’âge de 25 ans Charles Ginésy est nommé instituteur à Valberg. Fortement investi dans la vie de la commune de Péone-Valberg, il nourrit l’ambition de faire de Valberg une station hivernale renommée et dynamique. Son aura de directeur d’école, son implication dans le syndicat d’initiative, le ski club sont les prémices d’une carrière publique qui va lui ouvrir les portes des fonctions électives les plus hautes.

Conseiller municipal de Péone-Valberg, de mai 1957 à mars 1959, il devient maire de sa commune en mars 1959 et le restera jusqu’en mars 2001, année où il cédera son poste de premier magistrat à son fils unique Charles-Ange.

Charles Ginésy était un vrai montagnard, attaché à développer sa commune, à offrir des emplois aux jeunes, mais aussi à préserver l’exceptionnel cadre naturel du Mercantour. Il le fit aussi en sa qualité de président du parc national du Mercantour dont il suivit l’élaboration.

Cette volonté exceptionnelle de mettre en valeur la montagne lui vaut, dès 1961, d’être élu président de l’association nationale des maires des stations classées de sports d’hiver et d’alpinisme et conseiller général du canton de Guillaumes.

En sa qualité de vice-président du Conseil général de mars 1982 à décembre 1990, il s’attacha avec détermination, rigueur et pugnacité à défendre la ruralité, à développer une politique d’aménagement du territoire montagnard et à soutenir fortement les communes rurales.

Le 7 décembre 1990, Charles Ginésy succède à Jacques Médecin à la présidence du Conseil général. Dans une période troublée, cet homme à la forte personnalité s’affirme comme un rassembleur et fédère autour de lui tous les élus du département. Amélioration et sécurisation des routes des vallées, développement des stations de ski, rénovation des villages et création d’infrastructures modernes et d’intérêt général, souci de maintenir la vie dans les communes constituent alors les axes majeurs de sa politique.   Il fut à l’origine de la création des syndicats mixtes de toutes les stations de ski, ce qui leur permit de traverser les années difficiles, de s’équiper et se développer.

Sous sa présidence notamment ont été ouvertes la route de la Mescla le long du Var, la pénétrante Cannes-Grasse, de nombreux collèges ont été construits à Villeneuve-Loubet, à l’Escarène, à Menton, d’autres ont été rénovés, l’École des neiges de la Colmiane a été agrandie et restructurée, les musées départementaux des Merveilles à Tende et des Arts asiatiques à Nice ouverts. C’est également sous sa présidence que furent lancées les Soirées estivales du Conseil général.

En sa qualité de président du Syndicat mixte de Sophia Antipolis il a accompagné le développement de la technopole et l’ouverture aux nouvelles technologies de l’information et de la communication.

Charles Ginésy avait établi pour les Alpes-Maritimes un programme ambitieux. Il souhaitait  l’amélioration des communications, tant au niveau routier qu’à celui des transports collectifs, pour essaimer Sophia Antipolis vers les villes voisines et développer l’université. Il voulait favoriser l’essor économique, notamment le tourisme avec un vaste projet de développement pour le haut et moyen pays et un programme de reconquête de la bande côtière.

Il avait la volonté de faire jouer la solidarité au niveau des hommes et des territoires  et surtout « mettre en service une politique volontariste tournée vers les jeunes pour que les Alpes-Maritimes deviennent une terre de rencontre de la jeunesse européenne » insistait-il. La carrière politique de Charles Ginésy atteignit son apogée le 11 septembre 1988 lorsqu’il devint sénateur. Élu d’un département où le tourisme occupe une place majeure, maire d’une station de ski renommée il s’attacha à développer ce secteur, et devint rapporteur du budget du tourisme. Le 18 septembre 2003, il décida de se retirer de la vie politique et démissionna de la présidence du Conseil général. Une page de l’histoire des Alpes-Maritimes se tournait. J’adresse mes sincères condoléances à son épouse Georgette, à son fils Charles-Ange, député et premier vice-président du Conseil général, à ses trois petites-filles, à ses proches éprouvés par cette disparition, ainsi qu’à tous les habitants de Péone-Valberg et Guillaumes ».

Nous vous remercions de l’écho que vous porterez à cette réaction. Eric Ciotti  Député, Président du Conseil général des Alpes-Maritimes

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